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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 17:48

Je ne suis jamais allé à Bani Walid ni à Syrte. En fait, je n'ai jamais mis les pieds en Libye. J'ai visité bonne partie de l'Afrique du Nord, Algérie, Maroc, Tunisie, mais j'ai toujours évité la Libye. Je ne voulais pas aller voir la mascarade permanente dans laquelle le régime de Kadhafi a contraint son peuple à vivre.

Je détestais le régime libyen et je hais ceux qui disent qu'il était juste. Je hais ceux qui disent que Kadhafi était un grand leader africain et qu'il avait un plan pour unifier l'Afrique et la sortir du sous-développement et d'autres conneries de ce genre.

gheddafi.jpg

Je hais Kaddafi et donc Sirte e Bani Walid!

Je hais Kadhafi, Saddam Hussein, Bachar Al Assad, et leurs régimes respectifs: obscurantistes, racistes, corrompus, violents et destructeurs. Je détestais Bani Walid et Syrte, Tikrit, fidèle à Saddam, et la ville de Tartous de la famille Assad. Je déteste la logique de ceux qui construisent leur pouvoir sur la corruption, le copinage et les relations familiales et tribales. Mais cette haine est dirigée vers ce que ces lieux représentent et non pas à leurs habitants individuellement.

Aujourd'hui, la ville de Bani Walid et les personnes appartenant à la tribu des Warfalla, qui étaient restés fidèle jusqu'à la dernière minute au régime de Kadhafi (alors que beaucoup de ceux qui les attaquent aujourd'hui ont tourné la veste à la dernière dernière minute), est l'objet d'un véritable massacre, pendant que le monde entier regarde ailleurs, je ne ressens que tristesse. Tristesse pour les victimes et pour nous qui regardons (ou ne regardons pas) sans savoir quoi faire.

 

 

Vengeance pour le jeune Omran

Tout a commencé en Juillet par l'enlèvement de Omran Shaaban, 22 ans, considéré par les nouvelles forces au

omran.jpg

pouvoir comme le héros de la capture et le lynchage de Mouammar Kadhafi. Le jeune homme a été présenté aux médias du monde entier avec le pistolet en or massif de kaddafi, reçus comme récompense pour avoir joué un rôle de premier plan dans la capture de l'ancien dictateur.

Omran Shaaban était de passage dans la province de Bani Walid quand il a été capturé par un groupe de miliciens pro Kadhafi. Blessé, détenu dans de mauvaises conditions et probablement torturé, il a été récupéré par l'autorité nationale après 50 jours de captivité. Évacué en urgence à l’hôpital Américain de Paris, en vain, le 25 Septembre il a rendu l’âme.

Quelques jours après l'enterrement du «héros», une expédition punitive, composée des milices de Misrata, Zintan et autres groupes divers et non identifiés, se dirige vers Bani Walid. Le Congrès national a peu de contrôle sur les milices et ne peut empêcher (en admettant qu'il en ait eu envie) un crime pré-annoncé. Le 8 Octobre, un appel de l'hôpital de Bani Walid parle de dizaines de victimes et de symptômes d'intoxications par gaz.

 

Une ville pacifiée?

milizie.jpgLe 26 Octobre, Al Jazeera et les médias proches de l'armée annoncent la prise de la ville, la fin des hostilités et le retour à la normalité. Dans les films de ces services on voit une armée régulière libyenne ordonnée et calme qui fait son entrée dans une ville, disent-ils, accueillie comme une libératrice. Mais la réalité décrite par d'autres observateurs ne semble pas correspondre à cette version. Si la ville n'a pas été effectivement libérée de la milice pro-Kadhafi, aujourd'hui, elle est également soumise à la présence encombrante des anti-Kadhafi et les exécutions, pillages, agressions et autres crimes semblent être à l'ordre du jour, ainsi que la continuité des combats.

Malheureusement, le silence des médias internationaux et des grandes ONG sur Baniwalid , comme celui devant le massacre de Falloujah à l'époque, laisse passer vraiment peu d'informations et souvent véhiculées par des blog, youtube, facebook et autres outils utiles, mais difficiles à vérifier.

Les quelques média-activistes qui ont réussi à entrer en contact avec les gens de Bani Walid parlent d'un véritable massacre et une situation d'urgence humanitaire. Les milices continuent à pratiquer la loi du talion, sans interférences ni des autorités nationales ni de la communauté internationale. Beaucoup de familles sont sorties de la ville pour échapper aux attaques et aux bombardements aveugles et la plupart seraient encore campé dans le désert sans assistance adéquate et à la merci d'attaques et de vols commis par les groupes armés.

 

Bani Walid mon amour

Peut-être que quelqu'un là-bas au milieu du désert se demande où est, aujourd'hui, la communauté internationale, où sont la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, qui ont été si ému par le sort des civils libyens quand il voulaient intervenir militairement pour renverser l'ancien ami Kadhafi, devenu encombrant et embarrassant.

Après tout que ce qui s'est passé, cette ville qui jusqu'à il y a un an représentait ce que je détestais le plus au monde, est devenue chère à mon coeur, et dans mon esprit une phrase tourne incessamment comme un refrain: Bani Walid mon amour.

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Published by Karim METREF
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