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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 13:55

baltaghia.jpgAvant de tomber, le despote égyptien Hosni Moubarak a fait connaître au monde entier son armée de l'ombre: les Baltaguia. Mais en réalité ce nom , Baltaguia, pourrait être tranquillement appliqué à toute la classe dirigeante du monde d'aujourd'hui.
 

Baltaguia (pluriel de Baltagui), c'est le nom donné par les Égyptiens à l'armée occulte du régime. C'est une véritable armée fantôme, composée de petits et grands criminels. Enfants des bidonvilles et des quartiers pauvres, petits dealers, proxénètes ... mais aussi des voyous de grande envergure, truands, chefs de gangs, trafiquants internationaux ... Une vraie faune de personnages peu recommandables utilisée pour maintenir la société sous l'emprise de la peur.

Ce sont eux qui informent la police politique de tout mouvement suspect. Ce sont eux qui se rendait régulièrement dans les rues, armés de bâtons et de pierres à sévir contre les manifestations de l'opposition. Les manifestations du mouvement « Kefaya » ont été, jusqu'ici, régulièrement interrompues par les incursions des groupes de jeunes armés de bâtons. Cela servait à justifier l'intervention de la police, qui au lieu d'arrêter les intrus, s'en prend aux manifestants désarmés.

Avec les Baltaguia, Moubarak avait arrêté les diverses caravanes de solidarité avec la bande de Gaza. Il s'agissait de citoyens américains, britanniques, européens et d'autres pays. Personnes que Moubarak ne pouvait pas arrêter sans causer de la gêne aux amis occidentaux Ainsi, le problème a été confiée à la criminalité commune.

Les Baltaguia ont également ètè utilisé par les deux régimes, algérien et égyptien, pour déclencher « la guerre du football », avant la dernière Coupe du Monde. Guerre d'insultes, de déclarations racistes, de destruction de biens et même d'agressions physiques entre les peuples des deux pays. Gamal Moubarak, le fils de Hosni (certainement avec l'accord des services Algériens) a lancé l'assaut sur l'autobus, où étaient transportés les joueurs l'équipe nationale algérienne. Ensuite, les services algériens, avec à leur tète les sinistres Zerhouni et Toufik, ont déclenché une vraie chasse à l'égyptien dans les rues d'Alger, puis à Khartoum (pour le match décisif) en envoyant 40 avions pleins de criminels armés et payés pour faire mal.

Les Baltaguia sont ces petits délinquants qui sont sortis pour défendre les régimes un peu partout. Comme les mercenaires lachés dans les rues de Tripoli par le clan impitoyable des Kadhafi et de ses fils pour massacrer le peuple libyen coupable de ne pas se soumettre à leur folie.

Mais l'utilisation de criminels de droit commun pour maintenir l'ordre n'est pas une invention des régimes d'Afrique du Nord. c'est une pratique très ancienne connue à tous les régimes et tous les systèmes. Après tout, que sont les mercenaires des multinationale de sécurité? Les soi-disant "contractors" de la Blackwaters et autres fabriques de la terreur? Que serait la Légion étrangère française, sinon une énorme armée de Baltaguia de diverses nationalités.

Cossiga, un ex président de la répblique italienne, peu de temps avant sa mort, dans une interview au journal La Nazione (http://rassegna.governo.it/testo.asp?d=32976406), a laissé ces instructions pour réprimer les mouvements des étudiants: « Laissez-les faire. Retirez la police des rues et des universités, infiltrer le mouvement avec des agents provocateurs prêts à tout, et laisser pendant une dizaine de jours les manifestants dévaster les magasins, mettre le feu aux voitures et mettre la ville à feu. Après cela, fort du consensus populaire, le son des sirènes d'ambulance doit couvrir celui des voitures de police.
(...) Dans le sens que la police ne devrait pas avoir pitié et dois les envoyer tous à l'hôpital. Pas d'arrestations, les juges les remettraient en liberté le jour suivant, mais le tabasser, sauvagement, et tabasser aussi ces enseignants qui les poussent à l'agitation». Rien de plus clair.

Mais les Baltaguia dont j'ai parlé jusqu'ici sont généralement des sous fifres, petit voyous de quartier, dealers, proxénètes, petits fascistes frustrés ... Tout un peuple de pauvre bougres auxquels l'état permet de s'enrichir avec des activités illégales, ou d'entretenir une illusion de pouvoir sur une bande de pauvres bougres comme eux, en échange de
leur collaboration à maintenir l'ordre établi. Mais si on y regarde de plus prêt, même cette majorité de dirigeants du Tiers-Monde qui ne sont en poste que pour assurer l'intérêt des sociétés transnationales et les pouvoirs néo-coloniaux, en échange d'un petit morceau du gâteau et du pouvoir absolu sur leurs peuples respectifs, ne sont-ils pas de simples Baltaguia eux aussi? Baltaguia qui dès qu'ils commencent à ne plus obéir à leurs maîtres, ou deviennent faibles ou inutiles, sont tout simplement jetés comme des déchets humains. L'exemple de Saddam Hussein, utilisé pour arrêter la gauche irakienne et l'avancée iranienne, à appauvrir et enfermer dans l'ignorance son peuple, puis pendu comme un chien au bout d'une corde de nylon, en dit long sur cette catégorie de Baltaguia internationaux.

Mais en réalité, qui règne par les Baltaguia est Baltagui lui-même . Donc, Baltaguia sont aussi les gouvernements des puissances néocolonialistes qui utilisent des méthodes sales pour la survie d'une économie et d'un ordre politique mondial qui est en train de détruire la planète et en transforme les humains en simples machines à travailler, manger et faire la guerre.

Alors Baltaguia est la grande majorité des gouvernements, en Afrique, en Asie et en Amérique latine (y compris Chavez et d'autres comme lui. Je suis désolé pour les fans, mais ceux de gauche ne sont pas mieux que les autres, à long terme, le final est toujours le même, Kadhafi, jadis militant anti imperialiste, et autres comme lui enseignent)
.

Mais Baltaguia, surtout, sont la plupart des dirigeants des puissances mondiales: États-Unis, Europe, Chine, Japon, Russie ... et ainsi de suite. Obama inclus. Même ici, je suis désolé pour ceux qui ont investi tant d'espoir sur son élection. Mais je ne crois pas, qu'en l'état actuel des choses, un «non-Baltagui » honnête et intègre puisse diriger une puissance économique et militaire. Parce que les « non-Baltagui » au milieu de tant de Baltaguia ont la vie très courte.

Et donc le slogan "Irhal" (va-t-en) soulevé d'abord par les Tunisiens et puis par les Égyptiens et maintenant par les Libyens et tant d'autres, n'aura aucun effet tant qu'il ne sera pas brandi par tous les citoyens de la planète en direction de cette classe politique internationale dominée par les intérêts des banques, des multinationales et de l'industrie de guerre.


"Que se vayan. Todos!"

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Published by Karim METREF
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