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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 23:00

En 2006, à la fin du Mondial de Football, j'ai envoyé à plusieurs sites italiens, avec lesquels je collabore d'habitude, cette brève réflexion. Fait inhabituel, personne n'a répondu ni ne l'a publié. Je ne sais pas si c'est parce que le papier ne leur est pas semblé intéressant ou si le silence était dû à une sorte de gêne.

En réfléchissant aux derniers affrontements entre l'Égypte et l'Algérie, l'article m'est revenu en mémoire. Je vous le propose à nouveau ici.

C 'est une réflexion sur la bagarre Zidane Materazzi. Un incident entre deux enfants des banlieues du monde, qui a finalement, comme les peuples égyptien et algérien ne sont jamais sorti mentalement de leur ghetto.

 

 

Turin - 13/07/2006

http://img.over-blog.com/300x351/2/46/51/83//zidanematerazzi.jpg

Ces jours-ci s'est conclu un mois au cours duquel presque personne ne parlait de rien que de football. Mais même finie la compétition, l'affaire Zidane Materazzi continue à animer es débats à travers le monde. Tout ce beau monde ne parle pratiquement plus du match, des prouesses des uns et des autres comme cela arrive inévitablement à la fin de chaque course au trophée mondial, mais presque exclusivement des causes et effets du coup de boule de l'attaquant franco-algérien contre le défenseur sud-italien.

 

Depuis le déclenchement de «L'Affaire Zizou», j'ai reçu plusieurs messages de sympathie. Comme si le fait d'être kabyle faisait de moi obligatoirement un fan de Zidane.

L'un des messages les plus fort et plus expressifs du sens qu'a pris cet événement à travers le monde est surement l'e-mail reçu d'un ami réfugié palestiniens en Syrie. "Zeadan is the champion!" était intitulé le texte où il a expliqué que les peuples du Moyen-Orient est très en colère contre l'équipe nationale italienne, car ils jouent dur et sale car ils ont même osé toucher dans son honneur celui qu'il a appelé «le Mahbub al Jamahir », le bien-aimé du peuple. Un terme qui m'a fait tout de suite penser aux grandes étoiles de lla musique orientale d'une fois: Oum Kalthoum, Mohamed Abdelwahhab, Farid Al Atrache ...

 

Zizou serait donc l'idole du peuple (des peuples)? Cela probablement parce que le footballeur est de première classe. Probablement le plus doté de la dernière décennie. Mais surement aussi parce qu'il venait des quartiers pauvres, parce qu'il est porteur d'un nom arabo-musulman (parce que le nom l'est). Un véritable fardeau de nos jours.

Zidane le champion a redonné espoir à tous ceux qui se sentent humiliés quotidiennement. Il n'est pas fortuit que la lettre la plus forte me soit parvenue d'un camp de réfugiés palestiniens. Si Zizou joue bien et gagne, même les massacres israéliens des derniers jours dans les territoires occupés semblent moins graves.

Poids énorme sur les épaules (bien que solide) de l'enfant de La Castellane, une banlieue pauvre du nord de Marseille.

 

Zizou a fait le parcours classique d'un enfant des banlieues qui s'en échappe à travers le sport. Tout jeune il commence à jouer dans un petit club: « US Saint-Henri » de Castellane. Il est vite remarqué par les premiers chasseurs talents, nombreux à roder autour de ces pépinières que sont les écoles sportives des quartiers pauvres. À seize ans déjà il joue en professionnel à Cannes.

 

Un des gros problémes des ghettos de ce monde c'est que ceux de leurs enfants qui réussissent dans la vie les quittent à jamais. Celui qui sort de l'enfer de la banlieue à travers le sport, la musique ou les études, ne veut plus y retourner. Il va habiter dans le monde des privilégiés. Dans le ghetto, il ne reste que les damnés de la terre et les sergents recruteurs de tout poil. Recruteurs chargés de trouver de la main d'œuvre pour le crime organisé, le trafic de drogues, la prostitution, le terrorisme, la police, l'armée, la légion étrangère, les organisations de mercenaires, pour le sport, pour le show-business ... De la chair à canon dans tous les cas. Pour chaque Zidan ou Mike Tyson, qui deviennent des stars, il y a des millions d'autres moins chanceux qui se retrouvent sur les terrains et les salles de deuxième, troisième... énième classe à prendre des coups et à mordre le gazon bourrés de d'anabolisants pour faire perdurer le rêve, en attendant de finir drogués, alcooliques ou atteints du syndrome de Parkinson dans la décharge de l'histoire.

 

L'histoire de Zizou est connue de tout le monde. Fils d'immigré, fils de la banlieue... Mais ce que peu de gens savent, surtout si il ne connaissent pas le contexte italien , c'est le fait que Marco Materazzi est aussi un enfant de la banlieue. De loin, on ne fait pas de différence entre Florence et Lecce ou Corigliano Calabro (Bourgade natale de Gattuso, autre gladiateur de la défense italienne). Mais pour l'Italie les territoires du Sud sont pires que les Dom-Tom ou la banlieue pour la France. Le parcours en fin de compte est le même.

La preuve en est, s'il en est besoin, leur comportements rèciproques lors de la dernoére finale du Mondial de football. Finalement, les deux, tant Marco que Zizou, ont agi comme des parfaits enfants de la banlieue. En fin de compte, malgré la gloire, l'argent, les beaux vétement, les voitures de luxes et les couvertures de revues en couleur, ils ont uccombé aus même pièges que leurs frères moins fortunés.

 

Marco Materazzi s'est comporté comme un tueur à gage de la "Santa Corona Unita" (Nom de la mafia dans les Pouilles, sa région d'origine), comme un mercenaire. Il à attendu Zidane comme pour un guet-apens, cachant contre son sein une arme secrète qu'il savait peu conventionnelle mais absolument efficace.L'arme, il l'avait reçue en grand secret. Avec la recommandation de ne l'utiliser qu'en cas de graves difficultés. Et il faut dire que l'équipe italienne traversait vraiment de graves difficultés au moment ou il décide de porter son coup. Il a agit en professionnel.

La défense héroïque des azzurri était attaquée de tous les côtés par les bleus. On n'était plus qu'à quelques minutes de la fin. Les efforts des gladiateurs Cannavaro et Gattuso et les miracles de Buffon n'auraient peut-être pas pu tenir jusqu'à la fin et un but français à ce moment aurait été la mort certaine.

Mais l'Italie ne pouvait pas perdre. Il y avait trop de choses en cause. Il n'y avait pas seulement un match de football. Il y avait des enjeux beaucoup plus grands. Il y avait à faire oublier un pays qui part en mille morceau à cause de la mauvaise gestion, une corruption qui impreigne les institutions jusqu'aux plus hauts échelons, un enniéme scandale de la mafia du football qui risquait de rèvéler la main mise des vrais patrons du pays mèmes sur les résultat de la balle ronde... Trop de choses à faire passer. Alors Marco Materazzi a accompli sa mission avec zèle et précision. 

 

Entre enfants du ghetto, on sait bien ce qui peut blesser l'autre. Les codes culturels sont les mêmes. Cette espéce de loi non écrite, qui considère que l'honneur masculin est presque entièrement concentrées entre les jambes des femmes de la famille, est le même pour tous les deux. Traiter la sœur (ou la mère ou l'épouse) de prostituée, dans ces environnements-là, est toujours un affront impardonnable. Alors,Zidane, lui, a frappé.

Zizou est redevenu le fils de la banlieue. Comme les enfants des « quartiers » de la périphérie française qui ont réagi aux terribles injustices sociales qu'ils subissent par une violence absurde et souvent autodestructrice, étant pratiquée sur leurs propre voisinage, mais incapables de développer une quelconque forme de discours politique ou de penser un embryon d'alternatives à leurs prisons à ciel ouvert. Zizou, blessé dans son orgueil de macho méditerranéen a foncé, tête baissée, sans réfléchir.

 

Ils ont perdu tous les deux. Comme cela arrive souvent. LA seule à gagner fut la logique du sport sale, le sport de l'argent malodorant et de la victoire à tout prix. La même logique qui, appliquée à la politique et à l'économie, est en train de détruire cette planète.

 

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Published by Karim METREF
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